« Danses avec les îles » : l’océan Indien, paradis du séga
Le séga : une danse née de l’histoire de l’esclavage
Impossible de séjourner dans l’océan Indien sans être confronté au séga, danse et musique entraînantes, profondément ancrées dans les cultures créoles. À l’origine, les populations africaines et malgaches, déportées durant la période de l’esclavage, dansaient sur des rythmes hérités de leurs terres natales. Cette pratique, appelée à l’époque la « danse des Noirs », était à la fois un hommage aux ancêtres et un moment de libération collective.
Le mot séga viendrait du swahili, signifiant « retrousser ses vêtements pour qu’ils ne soient pas salis », soulignant le caractère spontané et populaire de cette danse.
Du séga au maloya : résistance et mémoire à La Réunion
Aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, le séga et le maloya sont officiellement interdits à La Réunion et à l’île Maurice, car leurs chants contestataires remettent en cause le pouvoir colonial et religieux. Paradoxalement, ces danses restent tolérées comme exutoire social, afin de prévenir les révoltes d’esclaves.
À La Réunion, le terme maloya (d’origine malgache) apparaît au début du XXᵉ siècle, véhiculant des notions de souffrance, de tristesse et de résilience. Après un déclin progressif, le maloya disparaît presque totalement dans les années 1960.
Le séga européen : une surprenante fusion culturelle
Pendant ce temps, un autre séga, d’origine européenne, se développe dès les années 1940. Importée par les classes sociales supérieures et les militaires, cette danse de salon résulte de la rencontre entre la quadrille européenne et les rythmes afro-malgaches.
Les instruments européens (violon, piano, mandoline) se mêlent progressivement aux instruments créoles (roulèr, kayamb, pikè, djembé). Le séga quitte les salons pour les bals populaires, perd sa rigidité et s’impose comme une danse collective, libre et joyeuse.
Le séga contemporain : danse festive et identitaire
Ce métissage donne naissance au séga contemporain, caractérisé par :
- des pas libres (cadencé, roulé, piqué, dos à dos),
- des paroles en créole,
- une forte énergie rythmique.
Aujourd’hui, le séga est relativement uniformisé dans le sud-ouest de l’océan Indien : La Réunion, Maurice, Madagascar, Comores.
Le retour du maloya et son inscription à l’UNESCO
Dans les années 1970, le maloya réunionnais renaît, porté par des groupes folkloriques et une revendication politique : la préservation de l’identité créole. Dès les années 1980, il devient un pilier de la culture réunionnaise, enrichi par des influences reggae, ragga, rock et dancehall, ainsi que par des instruments modernes (guitare électrique, clavier, saxophone).
En 2009, le maloya est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Où danser le séga et le maloya à La Réunion ?
Où danser le séga et le maloya à La Réunion ?
Pour vivre pleinement l’expérience du séga et du maloya à La Réunion, il suffit souvent d’assister à une soirée-spectacle au sein de son hébergement (hôtel, résidence, gîte ou maison d’hôtes), où la bonne ambiance est toujours de mise et où ces danses traditionnelles sont régulièrement mises à l’honneur.
Pour une immersion encore plus authentique dans la culture réunionnaise, on pourra également assister à :
- des soirées de musique péi,
- des kabar (fêtes traditionnelles créoles),
- des concerts et événements culturels,
- des fêtes familiales (mariages, baptêmes, anniversaires), moments privilégiés où le séga résonne naturellement.
Dans tous les cas, l’ambiance est conviviale, chaleureuse et profondément authentique, reflet de l’art de vivre créole.
Le séga typik à l’île Maurice
À l’île Maurice, la danse traditionnelle porte le nom de séga typik (ou séga ravanne), lui aussi inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO.
À Rodrigues, on danse le séga tambour.
- Les spectacles mettent en scène :
- des danseuses en tenues multicolores,
- des chants créoles évoquant l’amour, la vie quotidienne, la trahison,
- une gestuelle joyeuse et sensuelle.
Danses indiennes et chinoises à Maurice
La diversité culturelle mauricienne se reflète aussi dans :
- les danses indiennes (kathak, bharatanatyam), visibles notamment lors des cérémonies Geet Gawai,
- les danses chinoises, comme la danse du Lion, lors du Nouvel An chinois à Port-Louis.
Le séga moutya aux Seychelles
Aux Seychelles, le séga moutya mêle tambours, chants choraux et danse pieds nus, dégageant une forte puissance sensuelle. L’influence du reggae a donné naissance au me mouggae.
Le Festival Kreol, en octobre, est le meilleur moment pour découvrir ces expressions artistiques.
Le Bodu Beru aux Maldives
Dernière mise à jour : 26/12/2025
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